Pourquoi la méthode PEF est au centre de l'expérimentation de l'affichage environnemental ?

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Laure Iglesias
|
18/10/2021
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Pourquoi la méthode PEF est au centre de l'expérimentation de l'affichage environnemental ?

En France, l'alimentation est responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre et de 80% de la déforestation selon l'ADEME. Par ailleurs, 85% des emballages jetés par les ménages sont des emballages alimentaires. Face à ces données de plus en plus d'acteurs du secteur agro-alimentaire analysent l'impact d'un produit alimentaire sur son cycle de vie. Cela permet de cerner les éléments sur lesquels il est possible d'agir et d'optimiser la prise de décision des producteurs et industriels.

Qu'est ce que la méthodologie PEF?

La PEF (Product Environmental Footprint), est une méthode permettant d'évaluer la performance environnementale des produits et services, développée par la Commission européenne. Ce projet a été initié en 2013 avec l'aide d'ONG, de scientifiques et d'entreprises.

Dans quel but la méthode PEF a-t-elle été créée ?

La PEF, en élaborant un système de notation rigoureux et commun, permet de fournir des informations claires, traçables et comparables mais aussi de faciliter la communication au niveau des industriels et des consommateurs. Les informations environnementales sont aujourd'hui nombreuses et peuvent être confuses pour la population d'où la nécessité de ce système et de la proposition d'une information environnementale harmonisée, fiable et objective.

Un projet de mise en place d'un affichage environnemental obligatoire pour les produits alimentaires dans les années à venir est d'ailleurs en cours et la méthodologie PEF se positionne comme élément clé. En effet, lors de l'expérimentation de l'affichage environnemental dans le secteur alimentaire, une majorité des participants s'appuient sur la méthodologie PEF.

Cette méthode permet par ailleurs d'identifier les éléments d'un système de production qui impactent le plus l'environnement. Cette identification permet par la suite une facilitation de la prise de décision pour optimiser au mieux les systèmes de production. Cela permet en même temps de soutenir la compétitivité européenne, car les industriels réduisent leurs coûts en améliorant la gestion des ressources et la chaîne d’approvisionnement.

Mais comment ça fonctionne ?

Cette méthodologie prend en considération l'ensemble du cycle de vie d'un produit ce qui permet de déterminer son impact globale. Ce dernier se caractérise par un score unique, appelé single score, agrégé de 16 indicateurs d'impact pondérés suivant l'importance des enjeux environnementaux qu'ils représentent ainsi que sa robustesse, afin de faciliter les décisions d'éco-conception.  

Les indicateurs d'impact pris en compte et leur pondération sont les suivants:

  • Changement climatique (21,06%)
  • Particules fines (8,96%)
  • Epuisement des ressources en eau (8,51%)
  • Epuisement des ressources énergétiques non renouvelables (8,32%)
  • Usage des terres (7,94%)
  • Epuisement des ressources minérales non renouvelables (7,55%)
  • Appauvrissement de la couche d’ozone (6,31%)
  • Acidification (6,20%)
  • Radiation ionisante (5,01%)
  • Formation photochimique d’ozone (4,78%)
  • Eutrophisation terrestre (3,71%)
  • Eutrophisation marine (2,96%)
  • Eutrophisation en eau douce (2,80%)
  • Toxicité humaine cancérigène (2,13%)
  • Écotoxicité de l’eau douce (1,92%)
  • Toxicité humaine non cancérigène (1,84%)

Plus le single score obtenu est proche de zéro, plus l’impact sur l’environnement est faible. Il s'exprime en milli-points (mPt) même s'il peut être considéré sans unité.

1 Pt correspond à l'impact environnemental annuel d'un habitant européen (par rapport aux données de 2010).  

Consultez la documentation agribalyse pour en apprendre un peu plus sur les différents indicateurs d'impact

Le single score n'est pas pertinent par lui même mais sert plus à la comparaison de produits entre eux. Vous pouvez ainsi, sur l'exemple ci-dessous issu de la plateforme Karbon, voir une comparaison de l'impact d'un sandwich jambon beurre et d'un sandwich jambon emmental.

Capture d'écran de le plateforme Karbon

Des améliorations nécessaires à la méthodologie PEF ?

Malgré la complétude de cette méthodologie, certains éléments doivent être améliorés voire développés.

On retrouve notamment dans les préoccupations les plus répandues, celle d'ajouter une catégorie d'impact biodiversité. Dans la méthodologie PEF actuelle, il y a au moins huit catégories d'impact qui ont une incidence sur la biodiversité (comme le changement climatique ou l'eutrophisation marine) mais il est pertinent que ce sujet soit abordé de manière séparée. Ce sujet est notamment abordé dans le dossier Propositions en vue de la mise à jour de la méthode de l’empreinte environnementale de produit (PEF)  de la Commission européenne (p.43). Il n'existe cependant pas, à l'heure actuelle, de consensus international sur une méthode prenant en compte cet impact.

Ce sujet de la biodiversité fut d'ailleurs omniprésent chez les participants à l'expérimentation de l'affichage environnemental. Il a ainsi pu être recommandé, via de nombreux retours, de prendre en compte cette notion dans l'élaboration du score environnemental.

Alors, êtes-vous prêts à tester la méthode PEF et agir sur votre impact environnemental ?

Sources/ Pour aller plus loin 🔗 :

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