État des lieux sur les pertes et gaspillages alimentaires

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Laure Iglesias
|
29/7/2022
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État des lieux sur les pertes et gaspillages alimentaires

Chaque année en France, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont perdues ou gaspillées entre l'étape de production et de consommation, impliquant l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire. Cette production de biodéchets a un impact à la fois environnemental, social et économique. Face à ce constat, et dans le but de la réduire, plusieurs réglementations ont vu le jour en France.

Pertes et gaspillages alimentaires, qu'est-ce que c'est ?

Voici les définitions fournies par la FAO :

  • Pertes alimentaires : "Diminution de la quantité de nourriture ou de sa qualité résultant de décisions et de mesures prises par les fournisseurs de denrées alimentaires de la chaîne d’approvisionnement, à l’exclusion des détaillants, des services de restauration et des consommateurs."
  • Gaspillage alimentaire : "Diminution de la quantité de nourriture ou de la qualité de celle-ci résultant de décisions et de mesures prises par les détaillants, les services de restauration et les consommateurs."
  • Pertes et gaspillages alimentaires : "Diminution de la quantité ou de la qualité des denrées le long de l'ensemble la chaîne d’approvisionnement alimentaire." Il s'agit de l'ensemble de la nourriture perdue, jetée ou dégradée.

Source : FAO

Les pertes et gaspillages alimentaires n'englobent pas les déchets alimentaires inévitables tels que les os, épluchures, coquilles d'œufs, etc.
L'ensemble de ces déchets appartiennent à la famille des biodéchets. Ils sont définis dans le Code de l'environnement comme "tout déchet non dangereux biodégradable de jardin ou de parc, tout déchet non dangereux alimentaire ou de cuisine issu notamment des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que tout déchet comparable provenant des établissements de production ou de transformation de denrées alimentaires."

Zoom sur les pertes et gaspillages alimentaires en France

Selon un rapport de l'ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), chaque année en France, ce sont 10 millions de tonnes de produits qui sont perdues et gaspillées pour l’alimentation humaine. Elle se répartissent de la manière suivante :

  • 32 % en production
  • 21 % en transformation
  • 14 % en distribution
  • 33 % en consommation (dont 14 % pour la restauration collective et commerciale)

Le gaspillage alimentaire concerne l'ensemble des acteurs et filières de l’alimentation (agriculteurs, industries, consommateurs, etc.) et tous ont ainsi un rôle à jouer dans sa réduction.

Source : Programme de la communauté d'agglomération de La Rochelle

Les enjeux des pertes et gaspillages alimentaires

🌱 Enjeu environnemental

La production d'un bien alimentaire gaspillé entraîne l'utilisation "inutile" de ressources (eau, terres, énergie, etc.). De manière générale, la production d'un tel bien a de nombreux impacts environnementaux: changement climatique (émission de gaz à effet de serre), acidification, appauvrissement de la couche d'ozone, etc. Ces impacts auront alors lieu, sans que le bien produit ne soit valorisé en alimentation humaine.

👥 Enjeu social

En 2021, ce sont jusque 811 millions de personnes qui souffraient de la faim dans le monde (1 personne sur 10). Ce chiffre est en hausse ces dernières années alors qu'un objectif de zéro faim a été fixé pour 2030, et qui semble donc difficile à atteindre.

Il y a encore aujourd'hui un réel problème de sécurité alimentaire au niveau mondial, ce qui fait des pertes et gaspillages alimentaires un réel problème éthique et social.

💰 Enjeu économique

En France, le coût du gaspillage de denrées alimentaires représente 16 milliards d’euros annuels.

Que dit la réglementation ?

Le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de 2013 : Ce pacte, conclu entre l'état et les acteurs de la chaîne alimentaire, fixe des mesures à mettre en place afin de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2025 par rapport à 2013. Parmi les mesures : promouvoir le don alimentaire ou encore participer à des actions de sensibilisation du grand public.

La loi anti-gaspillage alimentaire dite loi Garot de 2016 : Elle interdit aux distributeurs alimentaires de détruire ou de rendre impropres à la consommation des aliments encore consommables, oblige les distributeurs de plus de 400 m2 à proposer une convention de don à des associations d'aide alimentaire, ou encore établit une hiérarchie dans les actions pour la lutte contre le gaspillage alimentaire.

La loi EGalim contre le gaspillage alimentaire de 2018 : Elle concerne les acteurs de la restauration collective. Pour en savoir plus sur cette loi, rendez-vous sur l'article de Karbon : "Loi EGalim, restauration collective et mesure d'impact environnemental".

Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020 : La loi AGEC vise à réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d'ici 2025 par rapport à 2015 pour les secteurs de la restauration collective et de la distribution et d'ici 2030 pour ceux de la consommation, transformation, production et restauration commerciale. Pour cela, plusieurs mesures sont établies : l'obligation pour les grossistes de donner leurs produits alimentaires invendus aux associations, le renforcement des sanctions envers ceux qui détruisent ou détériorent les denrées alimentaires invendues, ou encore l'amélioration de la gestion des stocks afin de limiter le gaspillage qui en découle.

Loi relative aux biodéchets : Les "gros producteurs" de biodéchets ont l'obligation de les trier à la source dans le but d'optimiser leur valorisation. Aujourd'hui, cela concerne les producteurs de plus de 10 tonnes de biodéchets. Ce seuil sera abaissé à 5 tonnes (loi AGEC) d'ici 2023 avec pour objectif final d'étendre cette règle à l'ensemble des acteurs du secteur alimentaire quel que soit le volume de biodéchets produits.

Sources/ Pour aller plus loin 🔗 :

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